Duo festive 550 – 3 jours – 26-28 /12/25 -Also in english

Chaque fin d’année, un joli challenge sportif est proposé sur Strava : le Rapha festive 500 (en lien avec la marque de vêtements Rapha), parcourir 500 km à vélo entre Noël et le Premier de l’An. J’en ai été pas loin plusieurs fois, c’est l’occasion là de réaliser ce challenge.

J’avais d’abord pensé aller chercher le soleil là on pourrait penser le trouver plus facilement en ce moment de l’année : en bord de mer, en traversant l’Aude pour rejoindre la mer via les Gorges de Galamus puis les Corbières et arriver du côté du Barcarès pour remonter jusqu’à Narbonne et rentrer par le Canal du Midi.
J’ai proposé à Jacques de m’accompagner sur 3 jours maximum, entre le 26 et le 28 décembre.
Les dernières prévisions météorologiques indiquent 2 jours de mauvais temps et de pluie et une amélioration dimanche vers le Méditerranée. Le mauvais temps vient de l’Ouest, l’Aquitaine devrait être sous le soleil dès le 26. Et si on allait chercher le soleil à l’Ouest ? Direction donc Bordeaux en train pour ensuite rejoindre les plages des Landes, rejoindre le Bassin d’Arcachon par l’Eurovélo 1 Vélodoyssée et traverser les Landes pour passer en Armagnac et à Notre-Dame-des-Cyclistes près de Labastide-d’Armagnac pour revenir par Agen et le Canal du Midi.

555 km, plusieurs véloroutes, voies vertes ou cyclables au programme : la V753 Voie verte de Bordeaux à Lacanau, l’EV1 Vélodyssée, la Voie verte de Mimizan à Sabres, l’EV3 Scandibérique et la V80 Canal des Deux-Mers à Vélo pour finir … Un peu de routes partagées et un peu de pistes ou chemins avec notamment un bout de GR 654 …

Voilà pour l’introduction …

Quand tu es sur un truc assez long ou particulier (là par exemple tu te tapes 100 bornes de nuit en hiver, même doux, avec l’humidité ambiante, le long du canal latéral à la Garonne après 2 jours de balade et quelques 350 bornes), il y a toujours un moment, même si tu te sens plutôt bien physiquement, fatigué mais bien, où tu te demandes pourquoi tu es là … Il vaut toujours mieux que ce moment soit fugace sinon il faut tout débrancher et te mettre en pédalage automatique …

Très agréable la sortie de Bordeaux par des cyclables bien conçues et assez rapidement la voie verte vers Lacanau, sécurisant, ce n’est pas toujours le cas dans des agglomérations de cette taille.
Quand s’ajoute à ça les comportements très cordiaux et respectueux des automobilistes qui s’arrêtent pour te laisser traverser, tu te dis que c’est parti pour un agréable moment de manivelles … Et en plus nous avons roulé en territoire chocolatine, gâtés !

Nous sommes partis avec de quoi bivouaquer en extérieur, sous un porche bien abrité ou sous tente, dans des conditions de voyage autonome à vélo, pas de contrainte exacte sur le sujet, pour preuve nous avons dormi à l’hôtel le premier soir à La Teste-de-Buch, très bien accueilli par le personnel à notre arrivée à l’Holiday Inn Express : un monsieur très cordial et très arrangeant puisqu’il a nous proposé de rentrer nos vélos dans une salle technique, ayant compris que nous y tenions particulièrement et que ce n’était pas des vélos quelconques que l’on gare dehors sans se poser de question, cela nous aussi permis de laisser certaines sacoches dessus.

Et pour le deuxième soir, on peut parler de miracle ou de destin, ou de sacré coup de bol puisque c’est parce que je voulais voir cette église de Bostens avec son magnifique clocher éclairé dans la nuit que l’on voyait de loin que nous nous sommes retrouvés quelques minutes sous son proche, spacieux et très intéressant pour un bivouac quand j’ai vu cette porte avec noté dessus « Halte pèlerin » que j’ai poussée par curiosité … Contrairement à ce que certains grincheux ont pu prétendre la curiosité n’est pas un vilain défaut. Pour Platon ou Aristote la curiosité pouvait être noble (envie de savoir, d’apprendre) mais dangereuse quand elle devient indiscrétion et vaine agitation de l’esprit. Les stoïciens s’en méfiaient quand elle se tournait vers ce qui ne nous regarde pas.
La valeur morale de la curiosité est apparue au Moyen Âge chrétien avec Saint-Augustin ou Saint-Thomas d’Aquin : la bonne curiosité est recherche de vérité, étude de la création, des sciences ; la mauvaise curiosité elle a plutôt goût de malveillance ou de scandale …
Toujours est-il que j’ai poussé la porte, elle était ouverte et l’est visiblement toujours : la bâtiment, Malicheq, est entretenu par l’Association de Protection du Patrimoine et de l’Environnement des Neuf Fontaines. Et il est mis gracieusement à disposition des pèlerins sur le Chemin de Saint-Jacques et des autres randonneurs en tous genres, y compris au moins depuis le 29 décembre les cyclistes en vadrouille l’hiver. J’ai laissé un message sur le numéro noté à l’intérieur pour que les gans ne s’inquiètent pas de voir la lumière du lieu allumée. Quelques minutes plus tard un bénévole de l’association est venu gentiment nous voir pour nous ouvrir le gîte attenant, toujours gratuitement, nous resterons dans la première pièce et dormirons sur nos matelas, la pièce était plus petite et nous avons pu chauffer un petit moment … Il faut reconnaître que dans notre monde que beaucoup veulent morose un tel lieu interpelle et rassure quant à la condition humaine : charité religieuse, charité humaine, bonté, partage, ça existe et ce n’est peut-être pas si rare que ça ! Un grand merci et un grand bravo aux membre de cette association.

La météo a été clémente avec nous, froid mais pas glacial, un peu de vent, une seule crevaison et des soucis de fixation des sacoches de fourche pour Jacques, vraiment pas grand-chose donc. Ajouté à cela notre passage à Notre-Dame-des-Cyclistes et cette nuit à Bostens, je pense pouvoir affirmer que nous avons (enfin) chassé la sorcière aux dents vertes qui s’acharnait régulièrement sur Jacques …

Je lis actuellement « Arpenter le paysage, poètes, géographes et montagnards » de Martin de la Soudière.
Le Gravel est un vraie façon d’arpenter les paysages, chaque coin ayant une identité et une spécificité paysagère que l’on appréhendera d’autant mieux qu’on ne se déplacera pas trop vite.
Martin de la Soudière a choisi cette citation de Proust en introduction de son ouvrage : « Le seul véritable voyage, le bain de Jouvence, ce ne serait pas d’aller vers de nouveaux paysages, mais d’avoir d’autres yeux. De voir l’univers avec les yeux d’un autre, de cent autres, de voir les cent univers que chacun d’eux voit, que chacun d’eux est. »
Pierre Sansot ajoute à l’importance du voyage lenteur une idée de douceur, incitation à la bienveillance, au respect des lieux traversés.
À ma façon, je me sens arpenteur, sans prétention d’étude géographique poussée, j’ai les yeux grands ouverts, je découvre, j’essaie aussi de comprendre l’évolution, l’histoire de lieux, qu’ils soient naturels ou marqués de la présence de l’homme. Et ça marche même de nuit : le peu que l’on voit grâce à notre éclairage laisse libre cours à son imagination pour mettre en lumière, construire le paysage existant.
Bordeaux, Océan, côte landaise, Arcachon, Le Pyla, Landes profondes, Armagnac – Albret, plaine de la Garonne, je ne vais pas faire l’inventaire de tous les paysages que nous avons pu voir, juste prendre quelques notes cérébrales.
Quand tu passes trop vite, tu restes un peu sur ta faim, une accumulation de clichés pris rapidement …

L’Herbe

Nous avons donc commencé notre voyage sur les bords de Garonne, où passe l’Eurovélo 3 Scandibérique que nous retrouverons d’ailleurs au 3ème jour.

Toulouse est la ville rose, Bordeaux peut être ville blanche, la pierre blanche de l’Entre-Deux-Mers ayant servi et servant encore beaucoup à la construction.

Le départ de la ville vers la campagne s’est fait graduellement le long de la voie verte, cette même voie qui autrefois desservaient les campagnes pour y amener la ville, aujourd’hui la voiture remplace cela, le réseau routier même s’il n’est pas toujours bien entretenu en est d’ailleurs impressionnant. Son expansion visant à réduire l’isolement des campagnes a commencé à l’entre-deux-guerre et s’est poursuivi entre 1945 et 1975. Je suis toujours impressionné par le nombre de petites routes existant : plus d’un million de kilomètres dont les deux tiers en routes communales …

Dès le 25ème kilomètre nous sommes entrés dans le Parc Naturel Régional Médoc, grandes étendues de forêts de pins (cet arbre nous accompagnera longtemps) avec quelques lacs, certains assez étendus. Et déjà de longues lignes droites …

Pas de photos de baignade, nous avions bien pris nos maillots et nous sommes baignés mais l’endroit où nous arrêtés pour cela était zone naturiste, donc pas de photos …

Après Lacanau-Plage nous avons suivi l’Eurovélo 1 Vélodyssée. La Gironde et les Landes comptent un nombre impressionnant de voies vertes, pistes cyclables et véloroutes sur voies secondaires. Je pensais à tort qu’une partie des voies vertes bordant l’océan avaient été aménagées sur les anciennes voies de communication du Mur de l’Atlantique.

Nous n’avons pas croisé grand monde sur les voies vertes et véloroutes empruntées, pas d’autres voyageurs à vélo. Serions-nous quelque peu fous ? C’est en tout cas très agréable de rouler sur ces voies vertes sans circulation, en été c’est bien différent et plus anxiogène, j’ai déjà écrit sur les comportements divers et variés des piétons, randonneurs et cyclistes sur les voies vertes, parfois à l’opposé de l’effet plaisir-bucolisme recherché …

Je voulais descendre le long de la côte pour rejoindre ensuite le bord du Bassin d’Arcachon au niveau du très pittoresque village ostréicole de L’Herbe où nous avions séjourné il y a un certain nombre d’années avec Sylvie au tout aussi pittoresque Hôtel de la Plage restaurant Magne. Les lieux sont toujours aussi pittoresques, figés dans le temps même si très touristiques. Un peu plus loin le village de Canon est peut-être moins fréquenté. Ce qui est agréable à L’Herbe est que la circulation automobile y est interdite. Décor de carte postale avec ces cabanes colorés, ces parcs à huîtres et ces bateaux au bord de l’eau. Et la vue au loin sur la dune du Pyla où nous passerons le lendemain.

Dune du Pilat

Nous sommes passés là déjà tard, pas de halte pour déguster 6 huîtres en bord de bassin …

Le tour du bassin fait presque 100 km, la nuit tombant tôt nous avons privilégié la version route avec deux passages plus nature entre Arès et Andernos.

Cazaux

Nous avons choisi de nous arrêter à l’hôtel à La Teste-de-Buch, une grande zone commerciale laissant présager de la présence d’hôtels 24/24. Comme écrit plus haut, accueil chaleureux à L’Holiday Inn Express, repas pris dans un fastfood voisin, petit-déjeuner à 6h30 servi par un employé lui aussi très agréable. Même dans des chaînes hôtelières dans ce genre l’accueil peut-être de qualité, ce n’est pas la première fois que je le note.

Samedi matin, direction le Pilat (Pilat et Pyla-sur-mer), entre sable, vestiges des forêts brûlées en 2022 lors de cet incendie qui a duré 11 jours et brûlé plus de 7 000 hectares de forêt, c’est toujours impressionnant de traverser des étendues de nature touchée par le feu (nous en avions déjà traversé vendredi matin) et de voir aussi la nature reprendre sa place …
Nous n’y sommes pas montés, la dune du Pilat est la plus haute d’Europe avec ses quelques 110 m de haut sur 2,7 km de long. Cette dune résulte de l’érosion côtière depuis plus de 10 000 ans, elle est un exemple unique de dune active à si grande échelle, se déplaçant de plusieurs mètres par an vers l’intérieur des terres.

Balade entre océan, forêt et lacs. La forêt landaise, plus grande forêt artificielle d’Europe, a été plantée au XIXème siècle pour remplacer les tourbières et les landes, fixer les dunes sablonneuses, le bois est exploité pour la résine (industrie chimique et navale), la construction et le charbon de bois.
D’où cette géométrie très rectiligne et ces longues lignes droites, nous nous y sommes frottés avec un petit vent de face pendant un moment.
De grandes exploitations agricoles, élevage bovin, céréales et pâturages, maraîchage (dont la fraise) et grandes serres. Sans oublier l’asperge locale et le foie gras et les produits du canard ou de l’oie …

Nous avons longé le Lac de Cazaux jusqu’au très joli site de Navarrosse. Le lac a uns histoire militaire et aéronautique forte : il a vu les débuts dans les années 20 de l’hydraviation, une base, plate-forme majeure de formation des pilotes, et une zone de tir sont toujours présentes. Le lac est aussi réputé pour la pêche.

La tauromachie est toujours présente, de nombreuses arènes ont été construites, certaines comme à Gabarret sont très colorées. Cabrel l’a très bien chanté, je ne doute pas qu’il en faut une bonne paire pour descendre dans l’arène mais je suis quand même plutôt du côté du taureau, ou alors enlevez les talanquères et montez des murs de 4 m, chacun sera vraiment à égalité. Le cerf ou le sanglier levé par une meute de chiens qui le conduisent vers les chasseurs en sortie de forêt n’a que peu de chance de s’en sortir.
Et dans les Landes, le taureau n’est pas mis à mort, c’est un spectacle d’esquive et d’acrobatie.

Traversée du Parc Naturel Régionale des Landes de Gascogne, toujours marqué par ces grandes forêts de pins, les maisons traditionnelles à colombages, en alternant routes secondaires et pistes ou sentiers de randonnée, les feuillus remplaçant petit à petit les pins.

Peu de gibier rencontré, un groupe de grues faisant migration se posant pour la nuit, quelques chevreuils.

Je voulais dépasser Labastide-d’Armagnac et le site de Notre-Dame-des-Cyclistes avant le bivouac. Et nous sommes arrivés à Bostens …

Réveil à 5h pour partir vers 6h, une grosse dernière journée nous attendait avec quelques 230 bornes dont de belles portions Gravel et cette superbe voie verte de la Scandibérique jusqu’à Gabarret, et quelques coteaux à passer même si nous avons privilégié les vallées des cours d’eau.

Notre-Dame des Cyclistes est édifiée près de la bastide médiévale de Labastide d’Armagnac, bâtie par les Anglais. Le Roi Henri IV aimait aussi s’y rendre pout y séjourner dans une des maisons de la Place royale où logeait – dit-on – une de ses maîtresses. C’est cette même place qui l’aurait inspiré pour l’édification de la Place des Vosges à Paris.
C’est en 1958 que le Père Joseph MASSIE, curé et cycliste, découvre cette chapelle couverte de lierre qui daterait du XIème siècle, des vestiges d’un temple du Ier siècle dédié à Jupiter ont aussi été trouvé à cet endroit, une villa gallo-romaine était proche.
Le prêtre eut alors l’idée d’en faire un lieu de pèlerinage pour les cyclistes.
Notre-Dame des Cyclistes fut officiellement inaugurée le 18 mai 1959, lundi de Pentecôte. Elle est ornée de nombreux maillots cyclistes et de quelques vélos anciens et de divers objets. Elle est souvent une étape pour les cyclistes pèlerins en route vers Lourdes ou Compostelle.
Quatre passages du Tour de France et un départ d’étape en 1989 ont honoré le lieu.
Croyant ou non, ce site mérite le détour et dégage une atmosphère particulière, comme tous les sites imprégnés de l’histoire du cyclisme. Vérifier les heures d’ouverture du site si on veut visiter.

Nous avons ensuite suivi une partie du Gr 654 vers l’Albret et ses villages pittoresques, notamment Mézin ou Nérac et son château du XIème où a résidé Jeanne d’Albret mère d’Henri IV, région marquée par la Guerre de 100 ans puis les guerres de religion.
Nous sommes aussi passé au superbe village fortifié de Vianne pour suivre la très agréable voie verte de la Baïse et rejoindre à Feugarolles la V80 Véloroute voie verte du Canal des Deux mers pour passer la Garonne sur le superbe pont-canal à Agen.

Dernière pause restaurative avant les quelques 100 km le long du canal pour rallier Toulouse et boucler notre Duo festive.

Je redoute toujours ces longues portions assez monotones le long de ce canal, merci aux deux ragondins qui m’ont tenu en éveil ou ravivé si besoin, je ne dirais pas que le ragondin est con, il est tout de même quelque peu suicidaire : il traverse pour se mettre à l’abri au dernier moment, dès que tu arrives, le premier a été très rapide, le deuxième très costaud et donc très confiant ne s’est pas pressé, j’étais en appui sur les prolongateurs et donc n’ai pas pu freiner tranquillement. Plusieurs hérons dérangés aussi. Quelques rares noctambules aux approches des communes en bord de canal, certains absolument pas visibles, et ces feux d’écluses visibles à des kilomètres avec l’impression de les voir bouger par leur reflet sur la surface de l’eau agitée.

Plusieurs degrés en moins au thermomètre sur ces portions bien dégagées et entre canal et Garonne.

Merci à Rapha pour ce challenge qui a été prétexte à faire ce beau voyage en bonne compagnie, dans des conditions particulièrement propices, bravo à mon ami Jacques qui a bien pioché dans le mental pour en venir à bout …

La performance est aussi là, même si j’écris souvent que ce n’est pas primordial quand je pédale, je recherche avant tout le plaisir et quand je ne roule pas seul le plaisir du partage. Ce challenge a été relevé à deux, nous avons bien géré ça, pas mal quand même en trois jours avec de jolis passages Gravel … Et plutôt original de faire ça en cette saison …

La trace / the track : https://www.visugpx.com/MdstjhzHPm

Festive 550 Duo – 3 days – Also in French

Every year-end, Strava offers a fun sporting challenge: the Rapha Festive 500 (linked to the Rapha clothing brand), which involves cycling 500 kilometres between Christmas and New Year’s Day. I’ve come close several times, so this is my chance to complete the challenge.
I had initially thought of seeking out the sun where it might be easier to find at this time of year: by the sea, crossing the Aude to reach the coast via the Gorges de Galamus and then the Corbières, arriving at Barcarès and heading back up to Narbonne before returning via the Canal du Midi.
I asked Jacques to accompany me for a maximum of three days, between 26 and 28 December.
The latest weather forecast indicates two days of bad weather and rain, with conditions improving on Sunday towards the Mediterranean. The bad weather is coming from the west, so Aquitaine should be sunny from the 26th onwards. How about heading west in search of sunshine? Head to Bordeaux by train, then on to the beaches of Landes, reach the Bassin d’Arcachon via Eurovélo 1 Vélodoyssée and cross Landes to pass through Armagnac and Notre-Dame-des-Cyclistes near Labastide-d’Armagnac, returning via Agen and the Canal du Midi.

555 km, several cycle routes, greenways and cycle paths on the programme: the V753 Greenway from Bordeaux to Lacanau, the EV1 Vélodyssée, the Greenway from Mimizan to Sabres, the EV3 Scandibérique and the V80 Canal des Deux-Mers à Vélo to finish… A few shared roads and a few tracks or paths, including a section of the GR 654…

So much for the introduction…

When you’re on a fairly long or unusual trip (in this case, for example, you’re cycling 100 kilometres at night in winter, even if it’s mild, with high humidity, along the canal alongside the Garonne after two days of cycling and some 350 kilometres), there always comes a moment, even if you feel pretty good physically, tired but fine, when you wonder why you’re there… It’s always better if that moment is fleeting, otherwise you have to switch off and just pedal automatically…

Leaving Bordeaux is very pleasant thanks to well-designed cycle paths and the greenway to Lacanau, which is quite fast and safe, which is not always the case in towns of this size.
Add to that the very friendly and respectful behaviour of motorists who stop to let you cross, and you know you’re in for a pleasant ride… And what’s more, we cycled through chocolate country, so we were spoiled!

We set off with everything we needed to camp outdoors, under a sheltered porch or in a tent, travelling independently by bike, with no specific constraints. Proof of this is that we slept in a hotel on the first night in La Teste-de-Buch, where we received a very warm welcome from the staff at the Holiday Inn Express: a very friendly and helpful gentleman who offered to store our bikes in a technical room, understanding that they were particularly important to us and that they weren’t just any old bikes that could be left outside without a second thought. This also allowed us to leave some of our panniers on them.

And on the second evening, you could call it a miracle or fate, or just plain luck, because it was because I wanted to see the church in Bostens with its magnificent bell tower lit up at night, visible from afar, that we found ourselves standing for a few minutes beneath it, which was spacious and very interesting for a bivouac, when I saw this door with ‘Halte pèlerin’ (Pilgrim’s Rest) written on it, which I pushed open out of curiosity… Contrary to what some grumpy people might claim, curiosity is not a bad trait. For Plato and Aristotle, curiosity could be noble (a desire to know and learn) but dangerous when it became indiscretion and vain agitation of the mind. The Stoics mistrusted it when it turned to things that were none of our business.
The moral value of curiosity emerged in the Christian Middle Ages with Saint Augustine and Saint Thomas Aquinas: good curiosity is the search for truth, the study of creation and science; bad curiosity tends towards malice or scandal…
In any case, I pushed open the door, which was open and clearly always is: the building, Malicheq, is maintained by the Association for the Protection of the Heritage and Environment of the Nine Fountains. It is made available free of charge to pilgrims on the Way of St James and other hikers of all kinds, including, since at least 29 December, cyclists travelling in winter. I left a message on the number noted inside so that the owners would not be concerned to see the lights on. A few minutes later, a volunteer from the association kindly came to see us and opened the adjoining lodge, again free of charge. We stayed in the first room and slept on our mattresses. The room was smaller and we were able to heat it for a short while… It must be said that our world, which many want to see as gloomy, is challenged and reassured by such a place in terms of the human condition: religious charity, human charity, kindness, sharing, these things exist and are perhaps not so rare! A big thank you and well done to the members of this association.

Bostens

The weather was kind to us: cold but not freezing, a little windy, only one flat tyre and some trouble attaching Jacques’s fork bags, so really nothing much to complain about. Add to that our visit to Notre-Dame-des-Cyclistes and our night in Bostens, and I think I can safely say that we have (finally) banished the green-toothed witch who regularly tormented Jacques…

I am currently reading ‘Arpenter le paysage, poètes, géographes et montagnards’ (Walking the landscape, poets, geographers and mountaineers) by Martin de la Soudière.
Gravel is a real way to explore landscapes, each corner having its own identity and specific features that can be better appreciated when travelling at a slower pace.
Martin de la Soudière chose this quote from Proust as the introduction to his book: ‘The only real journey, the fountain of youth, is not to go to new landscapes, but to have different eyes. To see the universe through the eyes of another, of a hundred others, to see the hundred universes that each of them sees, that each of them is.’ « 
Pierre Sansot adds to the importance of slow travel an idea of gentleness, an encouragement to be kind and respectful of the places you pass through.
In my own way, I feel like a surveyor, without any pretensions of advanced geographical study. I keep my eyes wide open, I discover, I also try to understand the evolution and history of places, whether they are natural or marked by human presence. And it even works at night: the little we can see thanks to our lighting gives free rein to our imagination to illuminate and construct existing landscapes.
Bordeaux, the ocean, the Landes coast, Arcachon, Le Pyla, the Landes countryside, Armagnac-Albret, the Garonne plain… I’m not going to list all the landscapes we saw, just jot down a few notes.
When you pass by too quickly, you’re left wanting more, with a collection of snapshots taken in a hurry…

Notre-Dame-des-Cyclistes

So we began our journey on the banks of the Garonne, where EuroVelo 3 Scandibérique passes, which we will meet again on the third day.

Toulouse is the pink city, Bordeaux could be the white city, as the white stone of Entre-Deux-Mers has been and still is widely used in construction.

We gradually left the city behind and headed into the countryside along the greenway, the same route that once connected the countryside to the city. Today, cars have replaced this, and the road network, although not always well maintained, is impressive. Its expansion, aimed at reducing the isolation of the countryside, began between the two world wars and continued between 1945 and 1975. I am always impressed by the number of small roads that exist: more than a million kilometres, two-thirds of which are communal roads…

At the 25th kilometre, we entered the Médoc Regional Nature Park, with its vast expanses of pine forests (this tree will accompany us for a long time) and a few lakes, some of which are quite large. And already, long straight lines…

No photos of swimming, we had brought our swimsuits and went swimming, but the place where we stopped was a naturist area, so no photos…

Gabarret

After Lacanau-Plage, we followed the Eurovélo 1 Vélodyssée cycle route. The Gironde and Landes regions have an impressive number of greenways, cycle paths and cycle routes on secondary roads. I mistakenly thought that some of the greenways along the coast had been built on the old Atlantic Wall communication routes.

We didn’t meet many people on the greenways and cycle routes we took, and no other cycle tourists. Are we a little crazy? In any case, it’s very pleasant to ride on these traffic-free greenways. In summer, it’s very different and more stressful. I’ve already written about the diverse and varied behaviour of pedestrians, hikers and cyclists on greenways, which sometimes runs counter to the desired effect of pleasure and bucolic tranquillity…

Nérac
Lavardac
Vianne

I wanted to ride down the coast and then join the edge of the Bassin d’Arcachon at the very picturesque oyster-farming village of L’Herbe, where Sylvie and I had stayed a number of years ago at the equally picturesque Hôtel de la Plage restaurant Magne. The place is still as picturesque as ever, frozen in time, even if it is very touristy. A little further on, the village of Canon is perhaps less crowded. What is nice about L’Herbe is that motor traffic is prohibited. It is a picture-postcard setting with its colourful huts, oyster beds and boats at the water’s edge. And the view in the distance of the Dune du Pyla, where we would be passing the next day.

We arrived late, so we didn’t stop to enjoy six oysters by the basin…

The tour of the basin is almost 100 km long, and as night falls early, we opted for the road version with two more natural passages between Arès and Andernos.

We decided to stop at a hotel in La Teste-de-Buch, a large commercial area where you would expect to find hotels open 24 hours a day. As mentioned above, we received a warm welcome at L’Holidays In Express, ate at a nearby fast food restaurant, and had breakfast at 6:30 am served by a very pleasant employee. Even in hotel chains like this, the welcome can be excellent; it’s not the first time I’ve noticed this.

On Saturday morning, we headed for Pilat (Pilat and Pyla-sur-mer), between sand and the remains of forests burned in 2022 during a fire that lasted 11 days and burned more than 7,000 hectares of forest. it’s always impressive to drive through areas of nature affected by fire (we had already driven through some on Friday morning) and to see nature reclaiming its place…
We didn’t climb it, but the Dune du Pilat is the highest in Europe, at around 110 m high and 2.7 km long. This dune is the result of coastal erosion over more than 10,000 years and is a unique example of an active dune on such a large scale, moving several metres inland every year.

A stroll between the ocean, forest and lakes. The Landes forest, Europe’s largest man-made forest, was planted in the 19th century to replace peat bogs and moors and stabilise the sand dunes. The wood is used for resin (chemical and shipbuilding industries), construction and charcoal.
This explains the very straight geometry and long straight lines, which we encountered with a slight headwind for a while.
There are large farms, cattle breeding, cereals and pastures, market gardening (including strawberries) and large greenhouses. Not to mention the local asparagus, foie gras and duck and goose products…

We rode along Lake Cazaux to the very pretty site of Navarrosse. The lake has a strong military and aeronautical history: it saw the beginnings of seaplane aviation in the 1920s, and a base, a major pilot training platform and a firing range are still present. The lake is also renowned for fishing.

A stroll between the ocean, forest and lakes. The Landes forest, Europe’s largest man-made forest, was planted in the 19th century to replace peat bogs and moors and stabilise the sand dunes. The wood is used for resin (chemical and shipbuilding industries),

Bullfighting is still practised, and many arenas have been built, some of which, such as the one in Gabarret, are very colourful. Cabrel sang about it very well. I have no doubt that you need a good pair to go down into the arena, but I’m more on the side of the bull, or else remove the talanquères and build 4-metre walls, so that everyone is truly on equal footing. A deer or wild boar chased by a pack of dogs leading it towards hunters at the edge of the forest has little chance of escape.
And in the Landes, the bull is not killed; it is a spectacle of dodging and acrobatics.

Crossing the Landes de Gascogne Regional Nature Park, still marked by large pine forests and traditional half-timbered houses, alternating between secondary roads and tracks or hiking trails, with deciduous trees gradually replacing the pines.

We encountered little game, just a group of cranes settling down for the night and a few deer.

I wanted to get past Labastide-d’Armagnac and the Notre-Dame-des-Cyclistes site before setting up camp. And we arrived in Bostens…

We woke up at 5am to leave at 6am. A big final day awaited us, with some 230 kilometres to cover, including some beautiful gravel sections and the superb Scandibérique greenway to Gabarret, as well as a few hills to climb, even though we opted to stick to the river valleys.

Notre-Dame des Cyclistes is built near the medieval bastide town of Labastide d’Armagnac, built by the English. King Henry IV also liked to stay there in one of the houses on the Place Royale, where, it is said, one of his mistresses lived. It was this same square that inspired him to build the Place des Vosges in Paris.
In 1958, Father Joseph Massie, a priest and cyclist, discovered this ivy-covered chapel, which dates back to the 11th century. The remains of a 1st-century temple dedicated to Jupiter were also found at this site, and a Gallo-Roman villa was nearby.
The priest then had the idea of turning it into a place of pilgrimage for cyclists.
Notre-Dame des Cyclistes was officially inaugurated on 18 May 1959, Whit Monday. It is decorated with numerous cycling jerseys, a few old bicycles and various other objects. It is often a stopover for cycling pilgrims on their way to Lourdes or Compostela.
Four Tour de France stages and a stage start in 1989 have honoured the site.
Whether you are a believer or not, this site is well worth a visit and has a special atmosphere, like all sites steeped in cycling history. Check the site’s opening hours if you want to visit.

We then followed part of the GR 654 towards Albret and its picturesque villages, notably Mézin and Nérac with its 11th-century castle where Jeanne d’Albret, mother of Henri IV, resided. This region was marked by the Hundred Years’ War and then the Wars of Religion.
We also passed through the superb fortified village of Vianne to follow the very pleasant Baïse greenway and join the V80 Véloroute greenway of the Canal des Deux Mers in Feugarolles to cross the Garonne on the superb canal bridge in Agen.

This was our last restorative break before the 100 km or so along the canal to Toulouse, where our festive Duo came to an end.

Agen, pont-canal

I always dread these long, rather monotonous stretches along this canal, but thanks to the two nutria that kept me awake or revived me when needed, I would only say that nutria are stupid, but also somewhat suicidal: they cross to take shelter at the last moment, as soon as you arrive. The first one was very quick, the second one was very strong and therefore very confident and didn’t rush. I was leaning on the extensions and so couldn’t brake smoothly. Several herons were also disturbed. A few rare night owls near the towns along the canal, some of which were completely invisible, and the lights of the locks visible for miles, giving the impression of moving due to their reflection on the choppy water.

The temperature was several degrees lower on these open stretches between the canal and the Garonne.

Thanks to Rapha for this challenge, which was an excuse to take this beautiful trip in good company, in particularly favourable conditions. Well done to my friend Jacques, who dug deep mentally to get through it…
Performance is also important, even though I often write that it’s not essential when I’m cycling. Above all, I’m looking for enjoyment and, when I’m not riding alone, the pleasure of sharing. We took on this challenge as a pair and managed it well, which is pretty good going for three days with some nice gravel sections… And it’s quite unusual to do this at this time of year…

Translated with DeepL.com (free version)

Golfech

Une réponse

  1. Merci pour ce très beau reportage. Un grand bravo à vous deux pour ce défis rondement réalisé. Tout cela est très inspirant.

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