
L’accès aux massifs des Albères, du Vallespir et des Aspres n’est pas interdit, la vigilance est tout de même de mise quant au risque d’incendie, je ne suis pas pyromane, je ne fume pas, je n’ai pas l’intention de m’arrêter faire des grillades mais je comprends qu’il faille faire attention à ne pas se retrouver coincé par un incendie et donc que les massifs puissent être fermés.
Petit inventaire non exhaustif des colls (à la catalane) du coin, entre 200 et 500 m d’altitude, pas hauts mais quand tu pars de l’altitude 0 c’est déjà pas mal, surtout quand les pentes sont à deux chiffres, parfois entre 15 et 20 %, ça a commencé dès la crique de l’Ouille, jolie pépite qu’il faut se gagner, surtout quand tu tapes plusieurs km de montée ininterrompue, surtout en fin de journée, le principal intérêt recherché étant les points de vue sur la mer, la côte, les terres, les massifs.








Coll de Mollo, Coll dels Gascons, Coll de Llagastera, Coll de Les Vinyes, Coll de Gran Bau, Coll de la Farella, Coll de Cerbère, Coll del Bast, Coll de la Martina, Coll de Banyuls, Coll de Vallauria, Coll de la Sera, Coll d’en Calvo, Coll de l’Arquèta. Balade plus courte avec la chaleur du jour : les prévisions avaient annoncé une baisse des températures, la journée a été très chaude, peut-être la plus chaude de la semaine, 42 °C au plus chaud et au plus exposé, 4 degrés de moins dans les (rares) coins à l’ombre et aéré, heureusement le vent a été de la partie … J’avais 3 litres d’eau pour la partie entre Banyuls, l’Espagne (j’ai voulu faire une prise drone, pas de réseau), pas assez, heureusement point d’eau trouvé au village de Rimbau, ça m’a vraiment sauvé. Gestion de la chaleur, plus de haltes à l’ombre et au vent, j’ai trouvé une source et un point d’eau pour bien mouiller mon visage, le front, le cou, et de la marche à pied quand la pente était importante et le piste caillouteuse et énergivore … Un peu laborieuse en fin de journée …
Balade entre nature sauvage et patrimoine : forts et tours de guets, vignobles de Collioure et de Banyuls, un sacré travail humain et une jolie empreinte géométrique des sols … Garrigue, lande, maquis, vignobles, cistes, figuiers, chênes méditerranéens dont le chêne liège, mimosas, figuiers de Barbarie, lauriers, etc. Une balade à faire sans aucun doute plutôt au printemps ou à l’automne … Particularité du mimosa : le mimosa c’est une espèce introduite (originaire du sud-est de l’Australie) qui s’est parfaitement acclimaté au climat méditerranéen et s’est parfois naturalisé. Après un incendie ou une coupe, il peut recoloniser rapidement un secteur grâce à ses graines et à ses rejets, au point d’être considéré localement comme une espèce envahissante. On le rencontre fréquemment le long des routes, des talus et dans les anciennes terrasses abandonnées.








Terroir … Les vignobles de Collioure et Banyuls comptent parmi les plus spectaculaires de France. Façonnés depuis l’Antiquité, puis développés par les moines au Moyen Âge, ils couvrent près de 1 700 hectares de terrasses de schiste dominant la Méditerranée. Pour retenir la terre sur ces pentes atteignant parfois 40 %, les vignerons ont construit des milliers de kilomètres de murets en pierre sèche et un ingénieux réseau de canaux d’évacuation des eaux de pluie.
Tout le travail s’effectue presque exclusivement à la main : taille, entretien et vendanges. La mécanisation est très limitée, ce qui explique le coût élevé de cette viticulture dite « héroïque ». Les rendements sont faibles, mais la qualité est remarquable.
Les principaux cépages sont le grenache noir, roi de l’appellation, ainsi que le grenache gris, le grenache blanc, le mourvèdre, la syrah, le carignan et le cinsault.
Deux appellations cohabitent : Collioure AOP, qui produit des vins rouges, rosés et blancs secs, fins et marqués par les embruns marins, et Banyuls AOP, célèbre vin doux naturel obtenu par mutage, aux arômes de fruits noirs, de cacao, de figue et d’épices. Le Banyuls Grand Cru, élevé au minimum trente mois, représente le sommet de cette production.
Ce paysage viticole exceptionnel, où la vigne épouse la montagne avant de plonger vers la mer, constitue un patrimoine vivant emblématique de la Côte Vermeille.








Histoire …
Les cols des Albères, entre le Perthus et la Méditerranée, ont longtemps été des passages de contrebandiers, de bergers… mais aussi des chemins d’exil. Ils portent la mémoire de deux grands mouvements de fuite, en sens inverse.
En janvier-février 1939, lors de la Retirada, près d’un demi-million de républicains espagnols fuient l’avancée des troupes franquistes. Si la majorité franchit la frontière par le Perthus ou Cerbère, des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants empruntent également les cols de montagne comme le col de Banyuls, le col de Lli, le col des Balistres ou de nombreux sentiers des Albères. Souvent en plein hiver, ils transportent quelques affaires, parfois des enfants ou des blessés. À leur arrivée en France, beaucoup sont dirigés vers les camps d’internement d’Argelès-sur-Mer, Saint-Cyprien, Le Barcarès ou plus tard Rivesaltes.
Quelques années plus tard, la montagne devient un chemin de liberté dans l’autre sens. Après l’occupation de la zone sud par l’Allemagne en novembre 1942, des résistants, des Juifs, des aviateurs alliés abattus et des jeunes refusant le Service du travail obligatoire cherchent à gagner l’Espagne neutre. Des réseaux de passeurs les conduisent de nuit par ces mêmes cols, notamment le col de Banyuls et le col de Lli, avant de rejoindre la Catalogne espagnole puis, pour beaucoup, Gibraltar ou l’Afrique du Nord afin de reprendre le combat.
Ces traversées étaient extrêmement dangereuses : patrouilles allemandes, gendarmerie de Vichy, Guardia Civil côté espagnol, froid, brouillard et relief escarpé. De nombreux fugitifs furent arrêtés ou périrent en route.
Aujourd’hui encore, les sentiers des Albères sont jalonnés de stèles et de monuments rappelant ces deux exodes. Ils témoignent d’un paradoxe de l’Histoire : les mêmes cols qui virent des Espagnols chercher refuge en France en 1939 permirent ensuite à des Français et à d’autres Européens de trouver un chemin d’espoir vers l’Espagne entre 1942 et 1944.
La trace / The track : https://www.visugpx.com/M7uNfzshFB



Colls de la Côte Vermeille – Also in French
Access to the Albères, Vallespir and Aspres mountain ranges is not prohibited, but caution is still advised due to the risk of fire. I’m not an arsonist, I don’t smoke, I have no intention of stopping to have a barbecue, but I do understand that we need to be careful not to get trapped by a fire, and that the mountain ranges may therefore be closed.
A brief, non-exhaustive list of the local ‘cols’ (Catalan-style), between 200 and 500 metres in altitude – not high, but when you’re starting from sea level, that’s already quite something, especially when the gradients are in double figures, sometimes between 15 and 20 per cent, it all started at the Crique de l’Ouille, a lovely gem you have to work hard to reach, especially when you’re tackling several kilometres of uninterrupted climb, particularly at the end of the day, the main attraction being the views of the sea, the coast, the countryside and the mountain ranges.




Coll de Mollo, Coll dels Gascons, Coll de Llagastera, Coll de Les Vinyes, Coll de Gran Bau, Coll de la Farella, Coll de Cerbère, Coll del Bast, Coll de la Martina, Coll de Banyuls, Coll de Vallauria, Coll de la Sera, Coll d’en Calvo, Coll de l’Arquèta. A shorter ride in the heat of the day: the forecast had predicted a drop in temperatures, but it turned out to be a very hot day – perhaps the hottest of the week – with a high of 42 °C in the sunniest and most exposed spots, and 4 degrees cooler in the (rare) shaded and breezy spots; thankfully, the wind was on our side… I had 3 litres of water for the stretch between Banyuls and the Spanish border (I’d planned to take a drone shot, but there was no mobile signal) – not enough. Fortunately, I found a water source in the village of Rimbau, which really saved me. Managing the heat: more breaks in the shade and out of the wind; I found a spring and a water source to thoroughly wet my face, forehead and neck; and I walked on foot when the slope was steep and the track was stony and energy-sapping… A bit of a struggle by the end of the day…




A ride through unspoilt nature and historic sites: forts and watchtowers, the vineyards of Collioure and Banyuls, a remarkable feat of human endeavour and a striking geometric pattern on the landscape… Garrigue, heathland, maquis, vineyards, rockroses, fig trees, Mediterranean oaks including the cork oak, mimosas, prickly pears, laurels, etc. A walk best enjoyed in spring or autumn, without a doubt… A notable feature of the mimosa: the mimosa is an introduced species (native to south-eastern Australia) that has adapted perfectly to the Mediterranean climate and has, in some cases, become naturalised. Following a fire or felling, it can rapidly recolonise an area thanks to its seeds and suckers, to the extent that it is locally regarded as an invasive species. It is frequently found along roadsides, on embankments and on old, abandoned terraces.





Terroir … The vineyards of Collioure and Banyuls are among the most spectacular in France. Shaped since ancient times and later developed by monks in the Middle Ages, they cover nearly 1,700 hectares of schist terraces overlooking the Mediterranean. To prevent the soil from eroding on these slopes, which can reach gradients of up to 40 per cent, the winegrowers have built thousands of kilometres of dry-stone walls and an ingenious network of rainwater drainage channels.
All the work is carried out almost exclusively by hand: pruning, maintenance and the grape harvest. Mechanisation is very limited, which explains the high cost of this so-called ‘heroic’ viticulture. Yields are low, but the quality is remarkable.
The main grape varieties are Grenache Noir, the king of the appellation, as well as Grenache Gris, Grenache Blanc, Mourvèdre, Syrah, Carignan and Cinsault.
Two appellations coexist: Collioure AOP, which produces red, rosé and dry white wines that are refined and characterised by the influence of sea mist, and Banyuls AOP, a famous naturally sweet wine produced by fortification, with aromas of black fruits, cocoa, figs and spices. Banyuls Grand Cru, aged for at least thirty months, represents the pinnacle of this production.
This exceptional wine-growing landscape, where the vineyards cling to the mountainside before plunging down towards the sea, constitutes a living heritage that is emblematic of the Côte Vermeille.









History …
The Albères mountain passes, between Le Perthus and the Mediterranean, have long been used by smugglers and shepherds… but also as routes of exile. They bear witness to two major waves of flight, in opposite directions.
In January–February 1939, during the Retirada, nearly half a million Spanish Republicans fled the advancing Francoist troops. Whilst the majority crossed the border via Le Perthus or Cerbère, thousands of men, women and children also took mountain passes such as the Col de Banyuls, the Col de Lli, the Col des Balistres or numerous paths through the Albères. Often in the depths of winter, they carried a few belongings, and sometimes children or the wounded. On their arrival in France, many were sent to the internment camps at Argelès-sur-Mer, Saint-Cyprien, Le Barcarès or, later, Rivesaltes.
A few years later, the mountains became a route to freedom in the opposite direction. Following the German occupation of the southern zone in November 1942, members of the Resistance, Jews, downed Allied airmen and young people refusing compulsory labour service sought to reach neutral Spain. Networks of smugglers guided them at night across these same mountain passes, notably the Col de Banyuls and the Col de Lli, before they reached Spanish Catalonia and then, for many, Gibraltar or North Africa to resume the fight.
These crossings were extremely dangerous: German patrols, the Vichy gendarmerie, the Guardia Civil on the Spanish side, the cold, fog and rugged terrain. Many fugitives were arrested or perished along the way.
Even today, the paths through the Albères are dotted with memorial stones and monuments commemorating these two exoduses. They bear witness to a paradox of history: the very same mountain passes that saw Spaniards seeking refuge in France in 1939 subsequently enabled French people and other Europeans to find a path of hope towards Spain between 1942 and 1944.
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