Trop chaud…

Je ne m’en plains pas, je constate en ayant bien conscience que l’être humain y est pour quelque chose et ça questionne sur notre avenir …

J’avais prévu un voyage à vélo de quatre jours pour rejoindre Sylvie samedi à Saint-Cyprien (celui du 66), départ ce matin de Pamiers, direction le Pays de Sault, le Rebenty, le Donezan, le Capcir, un bout de Pirenexus et les pistes frontalières jusqu’au Perthus, pas de halte à la Jonquera, la mer à Argelès-sur-Mer…

J’aurais dû pousser par le train jusqu’à La Tour de Carol …

Mirepoix

Un bout de la Voie verte du Piémont pyrénéen jusqu’à la superbe bastide médiévale de Mirepoix et ensuite de superbes pistes et sentiers jusqu’au Lac de Montbel, parcours à l’ombre, 34°C tout de même, 39°C pour les passages au soleil, bien boire, s’arroser la tête, le visage et le cou, faire de nombreuses haltes, c’est supportable. Dans le temps prévu pour rallier Mérial, point de bivouac prévu. Un peu dur quand même pour ce jour de mise en bouche, du costaud qui doit suivre sur 3 jours sans itinéraire bis plus facile et la température qui doit grimper encore et plus de passages au soleil.
Je décide donc de ne pas aller plus loin du côté de Puivert, direction Chalabre pour une bonne pause puis retour à la maison par la voie verte jusqu’à Bram et le Canal du Midi de nuit …
Et si je prenais le dernier train pour Toulouse depuis Bram ? Je le rate de quelques minutes, j’arrive quand les passagers sortent de la gare …
Très laborieux le long du canal, la chaleur accumulée dans la journée fait son effet, je m’arrête à Avignonet-Lauragais pour un bivouac avec l’idée de prendre le train de 6h pour Toulouse après 170 km … Les quinze kilomètres entre Toulouse et la maison ont été longs …

Ça ne marche pas à tous les coups, je l’explique souvent, superbe passage hors-piste comme j’aime bien, j’y passe plus d’une heure pour vérifier que la sente va quelque part, plus de sente, ça descend, je remonte. En passant ensuite en bas à l’endroit où ce chemin devait arriver, rien, la nature a repris ses droits …

Château de Lagarde

Sibra

Queille

Chaleur … Beaucoup de manifestations sportives ou non sont annulées en ces temps de canicule, beaucoup ont critiqué cela, d’autant plus que cela a été assez aléatoire finalement (pourquoi tel évènement est annulé et pas celui-là ?), au nom de la liberté individuelle …
Il me semble important que tout sportif fasse attention à son corps, même à un niveau professionnel et même si à ce niveau professionnel les enjeux sont autres et dépassent parfois le respect du sportif …
J’ai récemment vu une vidéo de Victor Bosoni « le Petit Prince de l’Ultra-Distance » au déjà grand palmarès (North Cape 4000 2023, disqualifié car il a fini trop rapidement, si si ; Desertus bikus 2025 ; Traka 560 2025 ; Transcontinental race 2025 ; Atlas Mountain Race 2026) dans laquelle il parlait des souffrances de son corps (de sacrées traces !) et du dépassement de soi y compris avec la chaleur.
Je n’ai aucune prétention à concurrencer ce genre de dépassement mais à mon petit niveau il a pu m’arriver d’aller chercher assez loin, peut-être pourrais-je aller plus loin encore. Je l’écris souvent, le corps a le souvenir de l’effort, de la souffrance (inutile de préciser que cette souffrance, y compris celle des champions sportifs est de la pure gnognotte à côté de celle qu’ont pu endurer certaines personnes par temps de guerre par exemple, souffrance subie et non choisie, non maîtrisable, cela n’enlève rien à l’exploit), il y a une certaine habituation, pour exemple sur du voyage à vélo où tu peux te sentir mieux de jour en jour malgré la fatigue accumulée …

Mais je m’égare, je reviens à mon propos initial sur ces annulations de manifestations (on n’annule pas la Coupe du Monde de football ou le Tour …), le problème pour moi dans ce respect de la liberté individuelle est quand cette liberté te fait prendre des risques : la chaleur marque le corps extérieurement et intérieurement, cela peut être long, les effets ne sont pas immédiats. Certains vont pousser leurs limites, ne pas écouter leur corps et risquent l’accident. Alors oui, ils ne mettent en danger qu’eux-mêmes, sont adultes et responsables (un peu comme le non port du casque : tu ne mets en danger que toi-même) mais vont mobiliser des services de secours qui pourraient plus utiles ailleurs sans cela.

Interdire, annuler ou pas ? Ce n’est pas un parallèle, c’est dans ma suite d’idée, c’est un peu comme fermer un massif par canicule et fort vent pour éviter des incendies qui neuf fois sur dix ne sont pas d’origine naturelle (50 % sont dus à des imprudences ou négligences, 25 à 30 % sont d’origine criminelle, 10 à 15 % sont sus à des accidents ou infrastructures et 10 % sont d’origine naturelle, principalement la foudre), mais c’est aussi pour protéger ceux qui pourraient se trouver coincés dans le massif en feu. Je peux l’affirmer : je ne provoquerai pas un incendie dans la nature, rien dans mon comportement ne le permettrait.
On trouve encore 100 mégots par kilomètre d’autoroute dans les deux sens de circulation, ce n’est pas la faute des constructeurs automobiles qui ne fournissent plus de cendriers dans les voitures, c’est de la bêtise humaine. Profond respect à tous ceux qui luttent contre les incendies, souvent au péril de leur vie.

Interdire, annuler … Revenons au sport, il faudrait faire appel à la raison, mais le sport est-il raisonnable ? Espérons que les professionnels sont bien encadrés et surveillés pour leur permettre de pratiquer sous la canicule sans risque vital. Un amateur n’aura peut-être pas cette raison et voudra peut-être aller plus loin ou n’aura pas conscience du danger qu’il encourt …

Je n’ai pas répondu à la question : annuler ou pas ?

Lac de Montbel

Rivel
Puivert

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *