6 octobre 2026 à 07:29 · Garidech, Haute-Garonne

Véloboulot de la semaine – Plus de baratin que de vélo – Also in English

L’automne est là, la pluie aussi. Je ne vais évidemment pas m’en plaindre, la nature, l’homme, en ont besoin, c’est plus important que mon plaisir de rouler à vélo au soleil ou au sec. Et c’est efficace pour nos nappes phréatiques quand nous n’avons pas à faire face à des épisodes orageux extrêmes du type « méditerranéens » ou « cévenols » qui ont frappé ces derniers jours certaines régions et qui frappent depuis quelques années.
Ces épisodes se produisent maintenant 3 à 6 fois par an et sont particulièrement violents. Plusieurs dizaines ou centaines de mm d’eau peuvent tomber en quelques heures.
L’urbanisation qui imperméabilise les sols, le contournement, la modification ou l’essai de contrôle des cours d’eau par l’homme en amplifient les dégâts …
Le mécanisme repose sur plusieurs ingrédients :
– la Méditerranée encore chaude fournit énormément de chaleur et de vapeur d’eau ;
– des vents de sud ou sud-est amènent cet air chaud, humide et instable vers le continent ;
– une situation dépressionnaire ou une arrivée d’air plus froid en altitude favorise la convection ;
– des zones orageuses peuvent alors se développer, se déplacer lentement ou se régénérer au même endroit pendant plusieurs heures.
Les Cévennes jouent aussi un rôle de rempart qui arrête les nuages, l’air monte, il se refroidit, la vapeur d’eau se condense et les précipitations s’intensifient.
Si les vents continuent à alimenter le système en air méditerranéen, les pluies peuvent rester bloquées sur le même secteur et se renouveler pendant des heures, voire plus longtemps.
Ces épisodes ne sont pas propres aux Cévennes, cela peut concerner l’Hérault, le Gard, l’Aude, les Pyrénées-Orientales, la Provence, les Alpes-Maritimes, la Corse, etc. D’où la dénomination plus large d’épisodes « méditerranéens ».
Ce ne sont pas des phénomènes nouveaux : les épisodes de pluies torrentielles dans les Cévennes sont documentés depuis plusieurs siècles. Les archives montrent notamment de très grands épisodes au XIXᵉ et au début du XXᵉ siècle. Un exemple spectaculaire est celui du 29 septembre 1900 : 950 mm de pluie auraient été mesurés en seulement 10 heures à Valleraugue, au pied de l’Aigoual.
Le phénomène météorologique est très ancien, on en parle plus aujourd’hui avec les progrès des mesures et prévisions météorologiques et aussi avec le constat dressé plus haut de l’urbanisation grandissante dans des zones qui peut-être auraient dû poser question, des modifications des lits des cours d’eau, etc. Le changement climatique n’a pas créé ces phénomènes mais les a sans aucun doute amplifiés ou rendus plus fréquents.
Les forts orages actuels ne frappent pas que la Méditerranée et peuvent être très localisés, notamment près des reliefs.
Ces phénomènes se produisent plus en automne, en tout cas pour les épisodes méditerranéens, ce qui semble paradoxal.
La mer reste très chaude, elle fournit donc énormément de vapeur d’eau à l’atmosphère. À l’automne, les premières descentes d’air froid venues de l’Atlantique ou du nord de l’Europe deviennent possibles. Cette différence de température rend l’atmosphère très instable. Le vent peut pousser cet air vers les Cévennes ou le Languedoc, déclenchant les pluies …
L’été, la situation anticyclonique est plus stable, moins de pluie.

Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas roulé sous la pluie, je rappelle que, autant je ne rechigne pas à rouler sous la pluie quand je la prends en roulant ou en voyage, autant je ne prends pas le vélo le matin pour aller bosser s’il pleut à verse.

Ma pratique du vélo a trois versants :
– Le prétexte à me balader de façon plus ou moins sportive (par contre endurante) et découvrir des territoires, vélo-plaisir. Le vélo est pour moi le moyen idéal de flâner, me promener, visiter des sites naturels ou patrimoniaux, avec tout de même une prédilection pour les coins où l’empreinte humaine est moindre, une sente en sous-bois ou en altitude, etc. Cette impression d’être au milieu de nulle part, même proche de l’urbanisation, le plaisir est alors décuplé. J’apprécie aussi traverser des villes par des cyclables, le bord des fleuves ou des canaux, aborder des sites patrimoniaux par des itinéraires différents ou moins communs. Prétexte aussi à partager (notamment avec Ô Gravel), raconter, digresser.
– La vélothérapie. La passion était là, je remercie souvent mon pater spiritualis Pierre-Yves qui m’a mis le pied à la pédale avec le VTT. Je n’en tire aucune gloire et encore moins de honte, je l’ai aussi déjà écrit, j’ai été bien malade il y a quelques années, dépression provoquée au travail par des personnes toxiques (ce n’a pas été un burn-out, l’administration n’a rien fait pour m’aider, « pas de bruit »), le vélo a bien contribué, avec les autres aides dont j’ai pu bénéficier, à me permettre de remonter la pente, 5 ans pour me remettre et malgré tout de temps en temps un petit clignotant dans la tête qui dit « Attention … ». Le sujet de la dépression est encore un sujet tabou car pour beaucoup signe de faiblesse … Je plains sincèrement ces personnes qui se croient et s’affirment « au-dessus de ça » car elles n’en tomberont que plus bas si ça leur arrive … Je n’ai pas inscrit ça sur mon CV, je ne le crie pas sur les toits mais cela fait partie de ma vie, je l’assume et c’est même peut-être devenu une force malgré le petit clignotant …
Sur le temps, c’est moins cher qu’une psychothérapie ou une psychanalyse, sans prétendre les remplacer si on en a besoin.
– Le véloboulot avec un petit souci de contribuer à la baisse de notre empreinte carbone et les économies réalisées pour notre voiture. Je travaille à 7 et quelques kilomètres de la maison, le vélo est le bon moyen de transport pour me rendre au boulot, toute l’année, sauf quand il pleut trop le matin (ou alors il faudrait augmenter la prime de mobilité que me verse mon administration, je ne vais pas m’en plaindre pour une rare fois où notre administration nous gratifie d’une certaine façon ou nous alloue une aide), j’aime mon boulot mais le trajet pour m’y rendre ou en revenir est loin d’être « fun », il n’est pas forcément dangereux, c’est déjà ça. Et il m’arrive aussi de devoir aller à l’école avec plus de chargement où de devoir me déplacer plus loin en partant, d’où la voiture.

Cycle to Work of the Week – More hot air than cycling – Also in French

Autumn is here, and so is the rain. I’m certainly not going to complain about it, of course; nature and humankind need it, and that’s more important than my enjoyment of cycling in the sunshine or in dry weather. And it’s good for our groundwater reserves when we’re not having to cope with extreme storm events of the ‘Mediterranean’ or ‘Cévennes’ type, which have hit certain regions in recent days and have been doing so for several years now.
These events now occur three to six times a year and are particularly severe. Several tens or hundreds of millimetres of rain can fall within a few hours.
Urbanisation, which seals the ground, as well as the diversion, alteration or attempted control of watercourses by humans, exacerbates the damage …

The mechanism relies on several factors:
– the Mediterranean, which is still warm, provides a vast amount of heat and water vapour;
– southerly or south-easterly winds carry this warm, humid and unstable air towards the mainland;
– a low-pressure system or the arrival of colder air at higher altitudes encourages convection;
– thunderstorm areas can then develop, move slowly or regenerate in the same place for several hours.
The Cévennes also act as a barrier that stops the clouds; the air rises, cools, the water vapour condenses and the rainfall intensifies.
If the winds continue to feed the system with Mediterranean air, the rain may remain trapped over the same area and persist for hours, or even longer.
These events are not unique to the Cévennes; they can affect the Hérault, the Gard, the Aude, the Pyrénées-Orientales, Provence, the Alpes-Maritimes, Corsica, and so on. Hence the broader term ‘Mediterranean’ events.
These are not new phenomena: episodes of torrential rain in the Cévennes have been documented for several centuries. Archives show, in particular, very heavy downpours in the 19th and early 20th centuries. A spectacular example is that of 29 September 1900: 950 mm of rain is said to have been recorded in just 10 hours at Valleraugue, at the foot of the Aigoual.
This weather phenomenon is very old; it is discussed more widely today due to advances in weather measurement and forecasting, as well as the observation made earlier regarding increasing urbanisation in areas where this might have raised concerns, changes to riverbeds, and so on. Climate change did not create these phenomena but has undoubtedly amplified them or made them more frequent.

The current severe thunderstorms are not confined to the Mediterranean and can be very localised, particularly near mountainous areas.
These phenomena occur more frequently in autumn, at least in the case of Mediterranean storms, which seems paradoxical.
The sea remains very warm, so it supplies a huge amount of water vapour to the atmosphere.

In autumn, the first cold air masses from the Atlantic or northern Europe begin to arrive. This temperature difference makes the atmosphere very unstable. The wind can push this air towards the Cévennes or the Languedoc, triggering rainfall …
In summer, the high-pressure system is more stable, with less rain.

It had been a long time since I’d last cycled in the rain. I should point out that, whilst I don’t mind cycling in the rain when I get caught in it whilst out cycling or travelling, I don’t cycle to work in the morning if it’s pouring with rain.

My cycling has three aspects:
– An excuse to go for a ride that’s more or less athletic (though certainly a test of endurance) and to explore new areas – cycling for pleasure. For me, cycling is the ideal way to potter about, go for a ride and visit natural or heritage sites, though I do have a particular fondness for places where there’s less human impact – a path through the woods or at high altitude, and so on. That feeling of being in the middle of nowhere, even close to built-up areas, makes the experience all the more enjoyable. I also enjoy cycling through towns on cycle paths, along the banks of rivers or canals, and exploring heritage sites via different or less well-trodden routes. It’s also an excuse to share (particularly with Ô Gravel), tell stories and ramble on.
– Cycling therapy. The passion was there; I often thank my spiritual mentor, Pierre-Yves, who got me started on mountain biking. I take no credit for it, nor do I feel any shame; as I’ve written before, I was very ill a few years ago, depression caused at work by toxic people (it wasn’t a burnout; the management did nothing to help me – ‘keep it quiet’), cycling, along with the other support I was able to access, really helped me get back on my feet; it took me five years to recover, and yet, every now and then, a little warning light flashes in my head saying, ‘Watch out…’. Depression is still a taboo subject because, for many, it’s seen as a sign of weakness…

07:30, le mardi 29 septembre 2026 Garidech, Haute-Garonne

Véloboulot de la semaine

Temps très lourd en début de semaine dès le matin, Autan blanc assez fort. Jeudi beaucoup plus frais, le vent a tourné, Nord-Ouest, pluie en prévision.
Circulation fluide et cordiale, de quoi oublier les quelques tracas réguliers, dépassements trop collants ou le grand classique mais j’y fais toujours très attention et je l’écris souvent : le véhicule qui rentre dans le rond-point devant toi alors que tu es bien engagé pour la simple raison que le/la conducteur/trice considère qu’un vélo roule par définition lentement …

07:35, le lundi 21 septembre 2026 Garidech, Haute-Garonne

Véloboulot de la semaine

Serein, même jeudi matin alors que je suis parti plus tard et que le trafic a été plus dense en conséquence. Et les deux bus dont j’évite le dépassement (ce sont les bus qui me dépassent) quand je pars plus tôt et que je trouvais assez collants (1,50 m, non, 1 m je ne sais pas) me doublent en faisant un bon écart … Magnifique !

07:43, le lundi 14 septembre 2026 Garidech, Haute-Garonne

Vélo boulot de la semaine

Matins frais mais encore de grosses amplitudes de température sur la journée et les terrains sont vraiment secs. Trajets sereins …

Salut complice : ce cycliste que je croise très régulièrement dans l’autre sens à Lapeyrouse-Fossat (je m’arrêterai un jour pour lui demander où il va), on se salue mutuellement avec le sourire, la chauffeur (on peut dire chauffeuse) du bus de ramassage des collégiens, nous nous saluons aussi avec le sourire, là c’est pari des collégiens anciens élèves qui me faisaient ou me font encore coucou quand je croise leur bus le matin. Certains me snobent, ce n’est pas grave et ce ne sont pas ceux que j’ai le plus réprimandé, il n’y a pas de règle, mais ça fait toujours plaisir quand un ancien élève te salue avec le sourire. J’ai quelques jolies anecdotes d’anciens élèves que j’ai retrouvés après des années et qui me saluent avec plaisir voire me remercient, en général je leur retourne le remerciement en précisant que nous avons partagé un bon moment, mutuel.
Et deux saluts de routiers, sympa, deux autres concentrés sur leur chrono, pas le temps de lever la main, ça ralentit ou ça casse le PR Strava …

Profil Strava : https://strava.com/athletes/49242926

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